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Après près de 20 ans de fortes tensions, la réconciliation avec le frère ennemi éthiopien semblait totalement impossible. Le changement de premier ministre en Ethiopie a permis de réaliser des avancées décisives.

La réconciliation est devenue une réalité le 9 juillet 2018. Le président érythréen, Isaïas Afwerki et le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed ont signé une déclaration conjointe de paix et d’amitié à Asmara. Cet accord met fin soudainement à un climat de quasi-guerre qui régnait depuis 2000.

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Un différend frontalier

En effet, l’Ethiopie n’a jamais appliqué les accords d’Alger qui mettaient fin à la guerre de 1998 – 2000 entre les deux pays. L’Ethiopie a continué notamment d’occuper des villes comme Badmé qui devaient revenir à l’Érythrée. Par conséquent, le gel de toutes les relations économiques et commerciales entre les deux pays a gravement nui à l’économie érythréenne. En témoignent les ports de Massawa et d’Assab, qui, ayant perdu tout le fret maritime éthiopien, fonctionnaient au ralenti depuis 20 ans.

Une guerre froide qui va coûter cher aux deux pays

L’Ethiopie, ne pouvant se priver économiquement d’accès à la mer, a immédiatement transféré son fret maritime vers Djibouti. Les infrastructures portuaires djiboutiennes ont vite été saturées par les marchandises éthiopiennes.  Djibouti a également fait payer au prix fort la dépendance logistique aux Ethiopiens.

Côté érythréen également, le coût est énorme. Privée de ressources, l’Érythrée dépense  une grande partie de son PIB dans le maintien d’un service militaire obligatoire. Le but : sécuriser la frontière avec l’Ethiopie, par crainte d’une nouvelle invasion. La perspective d’un séjour de plusieurs années sous les drapeaux et le manque de débouchés pousse alors de nombreux jeunes à s’exiler en Europe.

Malgré le coût exorbitant de cette situation pour les deux pays, la réconciliation semblait impossible. Le TPLF au pouvoir en Ethiopie était un ennemi personnel d’Isaïas Afwerki. Pourtant, ils avaient lutté des années ensemble contre la dictature du Derg dans les années 1980.

La nouvelle donne : l’espoir d’un futur meilleur

Usé par la corruption et des méthodes de répression brutales, le TPLF a dû passer la main à un jeune premier ministre réformateur, Abiy Ahmed, en avril 2018. Avec son arrivée au pouvoir, c’est aussi l’ethnie majoritaire du pays, les Oromos, qui obtient enfin une voix politique. En effet, malgré leur nombre, ils étaient exclus des cercles du pouvoir depuis les années 1990 par la minorité Tigré (TPLF).

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Depuis la signature du pacte d’amitié, les bonnes nouvelles se multiplient. Isaïas Afwerki s’est rendu à Addis Abeba en juillet 2018 et a annoncé la réouverture de l’ambassade érythréenne. Les deux pays ont rétabli les relations aériennes et routières. Ils annoncent également de grands projets d’infrastructures pour relier à nouveau l’Ethiopie aux ports érythréens.

Comme une famille trop longtemps séparée, les Éthiopiens et les Érythréens se sont retrouvés, dans une liesse populaire indescriptible. Cette réconciliation inespérée est une chance pour la paix et le développement économique et touristique de la Corne de l’Afrique!

Encore mieux, elle pourrait faire des petits : Djibouti a fait connaître sa volonté de normaliser également ses rapports avec l’Érythrée !

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