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Autrefois, le port de Massawa était considéré comme le plus beau de la Mer Rouge. Son surnom de Perle de la Mer Rouge rend hommage à sa beauté et aux nombreux pêcheurs de perles autrefois actifs dans la région. Malheureusement, Massawa a été ravagée lors de la guerre de libération. De nombreux bâtiments portent encore les stigmates des durs combats de 1990.

Le site de Massawa occupait originellement deux îles proches de la côte : Massawa et Tawlud. Le nom de la ville provient d’une déformation du mot Metsiwa en tigrinya qui signifie « appel ». La légende raconte que les chefs caravaniers devaient héler les habitants des îles pour que ces derniers viennent transborder leurs marchandises en barque. En raison de sa proximité avec les Dahlak, Massawa a toujours été proche culturellement et commercialement de l’archipel.

Une longue histoire, à mi-chemin entre monde arabe et hauts-plateaux d’Abyssinie

Le site de Massawa existe depuis la Haute Antiquité. Les marchands égyptiens, perses, phéniciens puis romains s’y succèdent au fil des siècles pour venir chercher les produits de luxe comme la myrrhe, l’encens, l’or et l’ivoire. La ville fait partie d’un réseau commercial qui court de l’Egypte à l’Inde, le long d’une des principales routes commerciales de l’Antiquité et du Moyen-Âge. Cependant, le port voisin d’Adulis a éclipsé Massawa comme port principal de la côte érythréenne pendant toute l’antiquité.

Massawa et les Dahlak sont parmi les premiers sites islamisés en dehors de la péninsule arabique. Ils deviennent des foyers culturels importants qui permettent de convertir les populations côtières à la nouvelle religion. L’islam n’arrivera jamais à gagner les hauts plateaux qui resteront farouchement attachés au christianisme orthodoxe.

Au XIème siècle, Massawa s’impose comme le port commercial majeur dans la région. A l’arrivée de grandes pistes caravanières venues d’Abyssinie, elle profite de sa position sur la route des épices venues d’Inde. Cette richesse attire la convoitise des Portugais et des Ottomans qui se disputent le contrôle de ce commerce lucratif. Les Ottomans finissent par occuper Massawa en 1557.

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Architecture ottomane à Massawa

Ces derniers n’ont pas les moyens de conquérir l’intérieur et se contentent de laisser une garnison. Le pouvoir passe alors à une oligarchie de familles marchandes sous couvert de suzeraineté turque. L’ère des grandes découvertes et du commerce transatlantique sonne le glas de la route des épices. Massawa voit donc sa prospérité millénaire décliner et devient une petite bourgade de pêcheurs de perles.

La promesse égyptienne puis italienne

Le renouveau intervient quand les Égyptiens occupent Massawa à partir de 1865. Leur ambition est de faire de la ville une base arrière pour leur conquête du Soudan et de l’Ethiopie. Le développement du port redonne à Massawa un peu de son lustre antique. De plus, l’ouverture du canal de Suez en 1869 dynamise le commerce et redonne une valeur stratégique à une région oubliée. Mais, ruinés par leur politique de conquête, les Égyptiens abandonnent Massawa en 1885. La côte va faire l’objet de convoitises européennes : soucieux de ne pas laisser la ville aux Français, les Britanniques choisissent d’aider les Italiens à s’implanter dans la région.

Massawa devient la capitale de la colonie d’Érythrée jusqu’en 1900. Les Italiens continuent de développer le port et développent les salines autour de la ville. Cependant, un tremblement de terre ravage la ville en 1921. La cité portuaire ne se remettra vraiment de ce coup du sort qu’à partir de 1935. A cette date, l’Italie investit fortement pour développer l’Érythrée en vue de l’invasion de l’Ethiopie. Les infrastructures ferroviaires et portuaires sont modernisées. Le train reliant Massawa à Asmara est doublé par un téléphérique qui permet d’acheminer plus de marchandises jusqu’à la capitale. En 1940, Massawa est le port le plus moderne d’Afrique, juste après Suez et Le Cap.

Le déclin de Massawa

Les Britanniques occupent la ville après la défaite italienne en 1941. Ils se livrent ensuite à un pillage en règle et démantèlent l’essentiel des infrastructures portuaires. L’activité maritime connaît alors un fort déclin en raison de ces destructions et de la concurrence du port d’Assab au sud de l’Érythrée. Sous l’occupation éthiopienne, le port connaît de nombreuses grèves pour protester contre la discrimination dont sont victimes les musulmans. En effet, les Ethiopiens évincent les musulmans des postes à responsabilité.

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De nombreux bâtiments portent la trace des combats de 1990

Le port de Massawa devient la base navale principale de la marine éthiopienne. En conséquence, la guérilla sabote régulièrement ses installations. Ce bastion tombe en janvier 1990 après de durs combats qui ravagent la ville. C’est une défaite majeure pour l’armée éthiopienne qui ouvre ensuite la voie à la victoire finale des indépendantistes en 1991.

Après l’indépendance, Massawa devient le port principal du jeune pays. Cependant, le manque de moyens empêche la réhabilitation totale de la ville qui a gravement souffert des combats. Malheureusement, le sursaut économique est de courte durée, car la guerre avec l’Ethiopie de 1998 – 2000 a un impact considérable. Tout le trafic maritime éthiopien est transféré sur Djibouti. Depuis, l’activité du grand port de commerce est très ralentie.

La réconciliation en cours entre les deux frères ennemis porte en germe la renaissance de Massawa. Espérons que le retour du fret maritime éthiopien permettra de financer la réhabilitation de la perle de la Mer Rouge !

Massawa est un incontournable du tourisme en Érythrée

Lors d’un séjour en Érythrée, il est donc indispensable de prendre du temps pour visiter la ville et ses environs.

Cependant, attention à bien choisir son moment ! Le climat de la ville est désertique avec de fortes chaleurs d’avril à septembre qui peuvent régulièrement dépasser les 45°C. La ville souffre d’une forte aridité avec très peu de précipitations annuelles.

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Les deux îles qui constituent le cœur historique de Massawa valent une balade. Sur l’île de Tawlud, ne pas manquer le monument qui honore la bataille de 1990 avec trois chars éthiopiens capturés. On y trouve aussi le dépôt de chemin de fer avec de nombreux matériels des années 1930 en attente de réhabilitation.

L’île de Massawa proprement dite abrite la veille ville. Avec ses arcades et ses moucharabieh, le voyageur est transporté dans les récits de Henry de Monfreid (qui a d’ailleurs fréquenté la ville !). Deux mosquées anciennes (El-Shaféi et Sheikh Hammali) complètent le décor qui rappelle le Yémen proche.

La cuisine locale fait la part belle au poisson grillé. A essayez sans modération !

Massawa est également la porte d’entrée pour les Dahlak, dans lesquelles on peut se rendre pour une excursion d’une journée ou pour un séjour de plongée.

A quelques heures de route, se trouve le site du port antique d’Adoulis, parfait pour une excursion d’une journée !

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